Attirer un essaim et ruches pièges

La saison de l’essaimage approche, vous ne faites pas d’essaims artificiels mais ne serez pas forcément présent lorsque vos colo nies essaimeront ou bien vous n’avez pas encore d’essaim mais souhaitez en attirer un dans votre jardin, voici comment mettre en place la méthode la plus naturelle pour l’accueillir.

attirer un essaim dans une ruche tronc

PLUSIEURS CAS POSSIBLES

 

Vous avez une ruche neuve qui n’a jamais servi : il vous faudra récupérer idéalement de vieilles cires d’une autre colonie, pas besoin de rayons entiers, juste des petites amorces que vous fixerez à l’intérieur au plafond. Demandez à un apiculteur de gratter quelques vieilles ruches où se trouve de la propolis et un peu de cires sur les parois, composez une boule avec ces résidus que vous utiliserez pour frotter l’intérieur de la ruche et l’entrée. Je vous invite également à acheter de l’huile essentielle de Lemongrass, 1 ou 2 gouttes à l’entrée de la ruche, à renouveler selon la pluie, cela suscitera l’intérêt de l’abeille exploratrice qui aurait pu passer près de votre ruche sans l’apercevoir.

 

Vous avez une ruche qui a déjà servi : parfait cela sera encore plus facile. Même une ruche vide sans cire fonctionne très bien car l’odeur de propolis et la présence d’une colonie auparavant attira l’essaim de passage pour peu que vous respectiez les conseils suivants.

 

Chaque année, je capte de nombreux essaims (27 en 2020 sur différentes communes, les ruches restent sur place par la suite). Je préfère toujours cette méthode car cela ne nécessite aucune manipulation de l’essaim, ainsi le traumatisme est nul. Il n’y a jamais de désertion puisque c’est la colonie elle-même qui a fait le choix de cet habitat. Le succès de votre quête dépendra de deux facteurs :

 

- il faut qu’il y ait présence d’abeilles sur les fleurs autour de l’emplacement de votre ruche piège (si les butineuses viennent ici c’est que vous êtes bien à bonne distance des exploratrices).

- moins la concurrence d’autres habitats est importante plus votre ruche est susceptible d’attirer un essaim. Pour être plus clair, si votre ruche est le seul habitat potentiel pour un essaim alors les chances sont grandes, par contre s’il y a également des arbres creux, d’autres ruches pièges (d’un autre apiculteur), des cavités ayant déjà hébergées des abeilles, des cheminées, alors votre chance diminue et leur prise de décision plus longue.

 

LA TECHNIQUE

 

 

Concernant l’aspect technique j’utilise dans le cas d’une ruche classique : Une ruche Warré sur deux éléments ayant déjà servi avec un plafond et un plancher plein si c’est pour en faire une ruche de biodiversité. Si vous  souhaitez par la suite prélever un peu de miel, prévoyez des barrettes dans l’élément supérieur. Je n’en place jamais dans l’élément inférieur (vous pourrez soit laisser ainsi, soit les ajouter dans l’élément du dessous environ dix jours après l’installation de l’essaim). J’ai déjà installé des ruches pièges avec plancher grillagé et ce sont toujours les ruches avec plancher plein qui ont remporté l’approbation des exploratrices. Cela fonctionne également avec une ruchette Dadant.

 

Une entrée réduite, pour ma part je n’ai plus de planche d’envol mais juste 1 ou 2 trous en façade de 25 mm de diamètre, je place une petite barrette de bois en travers sinon vous y trouverez un nid de mésange. Si vous gardez la planche d’en vol, réduisez-la de moitié en largeur.

Je place la ruche quand cela est possible dans un arbre au minimum à 1,50 m de hauteur, sinon sur un support disponible, mais j’évite le plein soleil. Si vous souhaitez la récupérer par la suite, pensez au côté pratique et à la sécurité pour la redescendre aisément.

Orientation Sud/Sud Est.

Fixez solidement la ruche avec une sangle.

Venez la contrôler fréquemment, je retrouve souvent des nids primaires de frelons asiatiques dedans. Dans ce cas, même s’ils sont abandonnés les abeilles ne viendront jamais dedans.

Si le but est de capter les essaims sortant de vos ruches pendant votre absence, j’ai constaté que la distance idéale de la colonie source est de 200 m minimum. Je place toujours une ruche chez mon voisin, chaque année les essaims sortant de mes ruches y vont ; par contre, ils ne vont jamais dans les ruches pièges en place sur mon terrain, mais encore une fois les habitats disponibles dans mon environnement sont multiples.

Si votre ruche est neuve et que vous respectez les conseils donnés précédemment, vous avez toutes les chances que cela fonctionne mais elles préféreront souvent une ruche ayant déjà été habité. Cependant pour anecdote, cette année j’ai placé plusieurs ruches Warré pièges sur mon terrain et la première de l’année à avoir été choisie est une ruche tronc fabriquée pendant l’hi ver et qui n’avait jamais été habitée.

Tous ces conseils sont valables pour de nombreux modèles de ruches, mais ne dépassez pas un volume de 40 litres, idéalement proposez plusieurs volumes (30,35,40 litres).

 

Ces « secrets » donnent un taux de réussite très important, ils constituent sans aucun doute la méthode la plus pacifique pour accueillir des abeilles

 

Cet article était initialement dans le numéro 10 de la revue Abeilles en liberté à laquelle je contribuais.